29/11/2005

Jehan-Rictus

I

Des fois je m’ dis, lorsque j’ charrie
À douète... à gauche et sans savoir
Ma pauv’ bidoche en mal d’espoir,
Et quand j’ vois qu’ j’ai pas l’ droit d’ m’asseoir
Ou d’ roupiller dessus l’ trottoir
Ou l’ macadam de « ma » Patrie.

Je m’ dis : — Tout d’ même, si qu’y r’viendrait !
Qui ça ?... Ben quoi ! Vous savez bien,
Eul’ l’ trimardeur galiléen,
L’ Rouquin au cœur pus grand qu’ la Vie !

 

Lire ici la suite de ce poème dont le désespoir final mâtiné de foi communarde incline à la défaite de Dieu, tout en ne pouvant cependant cesser de s'adresser à Lui, certes pour Le haranguer avec une triste ironie, mais incapable de ne plus prier le "Daron du Galiléen"...Il y a vraiment des merveilles chez ce poète admiré de Léon bloy qui opposera, en s'y identifiant évidemment, cette figure de Job à tous les écrivains catholiques consacrés de l'époque, Les Dernières colonnes de l'église, décrits comme autant de pharisiens. Derrière l'apparente frusterie du langage argotique se devine une construction et un art poétique d'une grande qualité. Oscar Wilde, qui le vit réciter ses poèmes dans un bistrot Montmartrois en 1889, lui envoya par ailleurs un exemple dédicacé de La Ballade de la geôle de Reading. Il semble qu'il y ait du Villon en lui.

24/11/2005

Force de la prière d'intercession

202.

Aujourd’hui, ma sœur est venue me voir. Quand elle me fit part de ses épreuves, la peur me saisit. Etait-ce possible ? Une petite âme, si belle devant Dieu, et cependant environnée de telles ténèbres qu’elle ne savait pas comment se tirer d’affaire. Elle voyait tout en noir ; Le Bon Dieu me l’a confiée et pendant deux semaines je pouvais m’occuper d’elle. Mais combien cette âme m’a coûté de sacrifices, Dieu seul le sait. Pour personne d’autre je n’ai porté devant le trône de Dieu autant de sacrifices, de souffrances et de prières. Je sentais que j’avais forcé Dieu à lui accorder Sa grâce. Je considère ceci comme un vrai miracle. Je vois maintenant quelle force a, devant Dieu, la prière d’intercession.

21/11/2005

Les Sept moines de l'arc-en-ciel

IN MEMORIAM

18/11/2005

Puissance de la confession

320. 12.8.1934.

Un malaise soudain, une souffrance mortelle. Ce n’était pas la mort en tant que passage à la vraie vie, mais un avant-goût de ses souffrances. La mort est terrible bien qu’elle nous donne la vie éternelle. Brusquement, je me sentis mal : la respiration me manqua, ma vue s’obscurcit, je sentis le dépérissement de mes membres. Cette suffocation est effrayante. Un seul moment d’une telle suffocation paraît extrêmement long…. S’y ajoute une singulière peur malgré la confiance.
Je désirais recevoir les Derniers Sacrements. Mais la Sainte Confession me causa bien des difficultés, malgré mon désir de me confesser. On ne sait ce que l’on dit on commence une chose et on finit par une autre. Oh ! que Dieu garde toute âme de la pensée de remettre la confession à la dernière heure ! J’ai compris l’extrême puissance que les paroles du prêtre font descendre sur l’âme du malade. Quand j’ai demandé à mon Père spirituel si j’était prête à paraître devant Dieu et si je pouvais être en paix, je reçus cette réponse : « Oui, vous pouvez être tout à fait en paix maintenant, comme après chaque confession hebdomadaire.» Grande est la grâce divine qui accompagne ces paroles sacerdotales ! L’âme en retire force  et courage pour le combat.

321.

O Ordre religieux, ma mère, comme il est doux de vivre en toi, mais plus doux encore d’y mourir !


13/11/2005

Charles de Foulcaud, encore une fois

Béatification ce matin même à Rome du célèbre vicomte ayant pourfendu les chimères du monde en lui, l'esprit soufflé par les ailes d'intérieurs moulins, pourvoyeurs du Pain de Vie. On sait que c'est orienté vers le Levant, dans l'un de ces pays moulant le pain sans levain, que la carapace engourdie du Bienheureux, forgée par  la bonne chère, le désoeuvrement et les désordres, a connu les premières fissures. C'est ce que l'on relit ici (ricochant par ce blogue) : la vision de la piété mahométane désigna au soldat-géographe en mission la possibilté d'une transcendance, affleurant depuis l'invisible dans le silence méditatif des hommes bleus. On comprend en poursuivant la lecture de l'article que la béatification est aidée dans sa réalisation, - au temps fixé n'en doutons pas et selon des méandres providentiels exempts de jugement humain - par des raisons relevant du même ordre que celles qui l'avaient jusqu'alors freinée : le politique. Le procès de béatification, dont les prémices sont constatées dès 1927, fut en effet tenu pour inhumé dès que le venin de la guerre civile vint durablement s'instiller dans les relations franco-algériennes. En tant que français, le povorello de Tamanrasset ne pouvait prétendre à aucune présomption d'innocence, ce qui du reste paraît compréhensible, et davantage encore au su du Royaume sans frontières pour lequel il guerroyait, combat qui pour être silencieux, n'en pouvait pas moins s'opérer qu'à l'encontre de la religion musulmane. Récemment encore, il semble que des voix aient pu contester telle accession au rang des bienheureux. Au-delà de la considération élémentaire (?) selon laquelle on comprend mal en quoi des consciences non-chrétiennes puissent être tourmentées par une décision qui ne peut les toucher qu'indirectement, on ne peut qu'une fois de plus constater que le devoir de repentance est une machine équipée d'une boîte automatique ne comptant que deux vitesses : ces belles âmes qui s'offusquent aujourd'hui ont été moins promptes à dénoncer le massacre odieux des sept moines de Tibhirine ; que n'ont-elles alors donné de leur généreux organe?

Toujours est-il qu'à cet atermoiement post-colonial a répondu aujourd'hui le besoin pour l'Eglise et le monde de figures pacifiques susceptibles de tisser des liens entre des communautés que chaque jour sépare un peu plus, afin d'apposer un baume sur des cicatrices jamais refermées, où purule et fermente le fameux choc civilisationnel...

Mais l'on ne peut céder à la colère, qui est un péché, et capital de surcroît! Et surtout ne nous rendons pas coupable de cette politisation du spirituel que nous dénonçons.

Jésus, toi le Fils, par ta Miséricorde, fais que nous n'oubliions jamais que nous sommes tous, à Ta ressemblance, fils d'un même Père. Circoncis les coeurs.

07/11/2005

Notre-Dame-des-Racailles

Une notice biographique sur Jacques Fesch, le célèbre prisonnier dont, parmi quantité de livres en souffrance,  je possède le Journal - du gros calibre paraît-il -, et dont j'ai appris incidemment que le procès en béatification avait été ouvert par Lustiger, certainement peu avant d'être remplacé par le nouvel archevêque de Paris qui a un nom de pape (Jean Vingt-Trois). Je crois que la part de Marie dans cette conversion a été proéminente. Un prêtre aumonier de prison me racontait ce soir la conversion d'un caïd de 32 ans. Au terme de six mois de visites régulières, le prisonnier, qu'il vit ce jour-là comme nimbé d'un halo lumineux, lui dit : "Ca y est, la Vierge Marie m'a tout expliqué". Il a reçu le baptème à Pâques.

Marie, prie pour la France qui est ton jardin. Rappelle toi de la consécration de notre pays à ta personne immaculée par Louis XIII. Dissipe les ténèbres des âmes enflammées par la haine.

03/11/2005

Enfant Royal

991.

"J’avance dans la vie parmi les arcs-en-ciel et les orages, mais le front fièrement levé, car je suis un enfant royal. Je sais que le sang de Jésus circule dans mes veines. J’ai mis ma confiance dans la grande miséricorde du Seigneur."

Quel magnifique passage!

Une petite demande à tous ceux qui passeront ici : pourriez-vous ne serait-ce que l'espace de quelques secondes adresser une prière au nom de la Divive Miséricorde pour le sauvetage de la vie d'une jeune fille en péril, anoréxique depuis la mort de son père? Je ne connais pas son nom, mais celui de sa soeur Cécile...

Merci.

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