31/07/2005

Vocation de Sainte-Faustine

"8. A dix-huit ans, j’ai prié très instamment mes parents de me permettre d’entrer au couvent ; ils repoussèrent catégoriquement ma demande. Après quoi je me suis adonnée aux vanités de la vie, ne faisant aucune attention aux signes de la grâce, bien que mon âme ne trouvât contentement en rien.

Cet appel constant était un grand tourment pour moi ; je tâchais pourtant de l’assourdir par des divertissements. J’évitais intérieurement Dieu et me tournais résolument vers les créatures. Cependant la grâce de Dieu fut victorieuse.

9. Un soir, j’étais au bal avec une de mes sœurs. Pendant que tout le monde s’amusait, j’éprouvais des tourments intérieurs. Soudain, au moment où je commençais à danser, j’aperçu près de moi Jésus supplicié, dépouillé de ses vêtements, tout couvert de blessures, qui me dit ces mots : « jusqu’à quand vais-Je te supporter, et jusqu’à quand vas-tu Me décevoir ? »

A ce moment la charmante musique cessa pour moi, la société où je me trouvais disparut à mes yeux, il ne restait que Jésus et moi.

Je m’assis auprès de ma sœur, simulant un mal de tête, pour cacher ce qui venait de se passer.

Quelques instants plus tard, je quittai discrètement la société de ma sœur, et je me rendis à la cathédrale Saint Stanislas Kosta, l’heure commençait à prendre une teinte grise, il y avait peu de personnes dans la cathédrale ; ne faisant attention à rien de ce qui se passait autour de moi je me prosternai devant le Très Saint Sacrement et demandai au Seigneur qu’il daigne me faire connaître ce que je devais faire.

10. Tout à coup j’entendis ces paroles « Pars tout de suite pour Varsovie; là tu entreras au couvent. » Me redressant après cette prière, je rentrai à la maison où je rangeai mes affaires. De mon mieux j’appris à ma sœur ce qui s’était passé. Je l’invitait à dire adieu de ma part à mes parents et ainsi, avec une seule robe, sans bagages, j’arrivai à Varsovie.

11. En quittant le train et en voyant que chacun des passagers prenait sa route, je fus saisie de frayeur : que faire ? A qui m’adresser ? Je dis à la Sainte Vierge « Marie, conduisez moi, guidez-moi ! » Aussitôt je perçus que je devais quitter la ville pour un village où je pourrais passer la nuit en sûreté. Je trouvais tout comme la Sainte Vierge me l’avais dit.

12. Le lendemain de très bonne heure, j’arrivai en ville. J’entrai dans la première église rencontrée, et me mis à prier pour connaître la volonté divine. Les messes se succédaient. Pendant l’une d’elles j’entendis ces mots: Va trouver ce prêtre ! et dis-lui tout. Il t’expliquera ce que tu dois faire. »

La messe finie, je suis allée à la sacristie. J’ai raconté au prêtre tout ce qui s’était passé et je lui ai demandé de m’indiquer dans quel couvent je devais entrer.

13. Le prêtre s’étonna d’abord mais il me dit avoir grande confiance, que Dieu disposerait de mon avenir. « En attendant je t’enverrai chez une pieuse dame qui t’hébergera jusqu’au moment ou tu entreras au couvent. »

Pendant mon séjour chez cette dame qui me reçut avec beaucoup de bienveillance, je cherchais le couvent, mais à chaque porte où je frappai, on me refusait. La douleur serrait mon cœur et je dis au Seigneur Jésus: « Aidez moi, ne me laissez pas seule »

14. Enfin, je frappais à notre porte. La Mère Supérieure, l’actuelle Mère Générale Michèle, m’accueillit. Après une brève conversation, elle m’invita à aller chez le Maître de la maison demander s’Il me recevrait. Je compris tout de suite que je devais prier le Seigneur Jésus. Avec grande joie, je suis allée à la chapelle et lui dit : « Maître de cette maison, est ce que vous me recevrez ? C’est ce qu’une sœur m’a ordonné de demander. » Et tout de suite j’entendis : « J’accepte tu es dans mon cœur. » Quand je sortis de la chapelle, la Mère Supérieure me demanda : «Eh bien, est ce que le Seigneur t’a reçue ?» « Oui », lui répondis-je. « Si le Seigneur t’a reçue, je te reçois aussi. »
15. Telle fut ma réception. Mais pour plusieurs raisons, je dus rester dans le monde chez cette dame pendant plus d’une année, mais je ne suis plus retournée à la maison.

Entre temps, je dus affronter de nombreuses difficultés, mais Dieu ne m’épargnera pas ses grâces. Une nostalgie de Dieu, toujours grandissante, s’empara de moi.

Mon hôtesse, bien que très pieuse, ne comprenait pas le bonheur de la vie religieuse et, très honnêtement, elle commença à élaborer d’autres projets pour ma vie ; malgré tout, je ressentais que mon cœur était si grand que rien ici bas ne pouvait le combler.

16. Alors je me tournai vers Dieu de toute mon âme languissante. C’était pendant l’octave de la Fête-Dieu. Dieu me remplit d’une lumière intérieure, d’une connaissance approfondie de Celui qui est le plus Grand Bien et la plus Grande Beauté. Je reconnus combien j’étais aimée de Dieu de toute éternité.

Pendant les vêpres, par des mots tout simples, je fis vœu de chasteté perpétuelle. Depuis ce moment je sentis une grande intimité avec Dieu, mon Epoux, et fis une petite cellule dans mon cœur, où je demeurai toujours avec Jésus.

17. Enfin, vint le moment, où la porte du couvent s’ouvrit pour moi. C’était le premier août au soir, la veille de la fête de Notre-Dame des Anges. Je me sentais extrêmement heureuse, il me semblait que j’étais entrée au Paradis. Mon cœur n’était qu’action de grâce."

28/07/2005

Le Soleil de Son Amour

615.
"Le jeudi alors que je gagnais ma cellule je vis au-dessus moi la Sainte Eucharistie dans une grande clarté. Soudain j’entendis une voix qui me semblait venir d’au-dessus de l’Hostie : « En elle est ta force. Elle va te défendre. » Après ces mots, la vision disparut, mais une force étrange pénétra mon âme et une étrange lumière : notre amour de Dieu consiste en l’accomplissement de Sa volonté. "

25/07/2005

La grâce d'avoir un directeur spirituel

330.
Oh ! qu’elle est grande la grâce d’avoir un directeur spirituel ! On progresse plus vite dans la vertu, on connaît plus clairement la volonté divine et on l’accomplit plus fidèlement, on marche dans une voie sûre et sans danger. Le directeur permet d’éviter les rochers sur lesquels l’âme pourrait se briser. Dieu m’a donné cette grâce, tard, il est vrai, mais je m’en réjouis beaucoup quand je vois comment Dieu s’incline devant les désirs de mon directeur.

Je mentionnerai un fait entre mille. Comme d’habitude, le soir , j’avais prié Jésus de me donner des points pour la méditation du lendemain. J’ai reçu cette réponse. : « Médite sur le prophète Jonas et sa mission. »
J’ai remercié le Seigneur, mais j’ai commencé à penser que cette méditation était différente des autres. Cependant je tâchai de toutes les forces de mon âme de méditer et je me suis reconnue dans ce prophète en ce sens, que moi aussi, je donne souvent un refus à Dieu, pensant que quelqu’un d’autre remplirait mieux Sa Sainte Volonté – ne comprenant pas que Dieu peut tout, que Sa Toute Puissance se manifestera d’autant mieux que l’outil sera inexistant. Dieu m’éclaira ainsi.
Dans l’après-midi eut lieu la confession de la Communauté. Quand j’ai exposé à mon directeur spirituel quelle peur me prend devant cette mission pour laquelle Dieu se sert de moi comme instrument, un instrument inapte, mon Père spirituel répondit que, bon gré mal gré, nous devions accomplir la Volonté divine et il m’a donné l’exemple du Prophète Jonas. Après la confession, je me demandais comment le confesseur savait que Dieu m’avait fait méditer sur Jonas ; je ne lui avait pas parlé de cela. Soudain j’entendis ces paroles : « Quand le prêtre Me remplace, ce n’est pas lui qui agit, mais Moi par lui. Ses souhaits sont les miens.» Je vois comment Jésus défend ses remplaçants. Il se place Lui-même dans leur action.

22/07/2005

Le Brasier du Saint-Sacrement

160.
Le jour de la croisade, qui est le cinquième jour du mois, tombait le premier vendredi du mois. Aujourd’hui c’est mon jour pour monter la garde d’honneur devant Jésus. Mon devoir était de réparer tous les outrages et les manques de respect envers le Seigneur, de prier qu’en ce jour aucun sacrilège ne soit commis. Mon esprit était ce jour là d’un singulier amour pour l’Eucharistie. Il me semblait être changée en brasier. Quand je m’approchai de la Sainte Communion et que le prêtre me donna Jésus, une seconde hostie s’accrocha à sa manche et je ne savais pas laquelle des deux je devais recevoir. Alors que je réfléchissais un instant, le prêtre impatient me fit de la main le signe de recevoir l’hostie qu’il me présentait. Dès que je l’eus reçue, l’autre tomba sur mes mains. Le prêtre continua à donner la Sainte Communion jusqu’au bout de la table de Communion, cependant que moi je tenais Jésus sur mes mains pendant tout ce temps. Quand le prêtre revint, je lui présentai l’hostie pour qu’il la remette dans le ciboire. Car, après avoir reçu Jésus, je ne pouvais, avant de L’avoir consommé, dire que l’autre hostie était tombée…

Mais pendant tout le temps où j’ai eu l’hostie en main, je ressentais une telle puissance d’amour que, de toute la journée, je ne pus ni manger ni reprendre connaissance. J’ai entendu ces paroles venant de l’hostie : « Je désirais reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur. » Et soudain, au même instant, je vis Jésus. Mais quand le prêtre s’approcha, je ne vis plus que l’hostie à nouveau.

17/07/2005

Apparition de Jésus souffrant


525.
Le 14. Ce jeudi, alors que nous faisions de l’adoration nocturne, d’abord il me fut difficile de prier. Une sécheresse s’emparait de moi, je ne pouvais méditer la douloureuse passion de Jésus. Je me prosternai donc à terre et j’offris la douloureuse Passion de notre Seigneur Jésus au Père Céleste, en expiation pour les péchés du monde entier. Puis en me relevant pour aller vers mon prie-Dieu, soudain j’aperçus Jésus près de lui. Le Seigneur Jésus était comme au moment de la flagellation. Dans Ses mains, Il tenait une robe blanche, dont Il m’habilla et une corde dont Il me ceignit. Il me couvrit d’un manteau rouge, comme celui dont Il était couvert pendant Sa Passion et d’un voile de la même couleur. Il me dit : « Tel sera ton vêtement et celui de tes compagnes. Ma vie sera pour vous une règle depuis Ma naissance jusqu’à Mon agonie sur la Croix. Fixe les yeux sur Moi et vis comme Moi. Je désire que tu pénètre plus profondément dans Mon esprit et comprennes que Je suis doux et humble de cœur. »

526.
A un certain moment, je ressentis dans mon âme, une impulsion à me mettre en état d’accomplir tout ce que Dieu exige de moi. J’entrai un instant à la chapelle, et j’entendis cette voix dans mon âme : « Pourquoi as-tu peur ? Penses-tu que Je manque de Toute-Puissance pour te soutenir ? » A ce moment je sentis dans mon âme une force étrange et toutes les contrariétés qui pourraient m’advenir dans l’accomplissement de cette volonté me semblèrent méprisables.


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